Valérie Sarn : Ex-animatrice
et productrice, responsable variétés sur RTL TELEVISION
“Ma,
ma, ma, Marylène...”, les Martins Circus la chantaient
déjà avant même qu’elle ne devienne
notre Marylène, votre Marylène, à vous
téléspectateurs fidèles. Je l’ai
retrouvée il y a un an, par hasard, dans un train. Toujours
le même sourire et la même gentillesse.
Once upon a time... Il était une fois “RTL Télévision”.
“ RTL, c’est nous” écrivait Jacques
Navadic, figure emblématique de RTL Télévision.
En 1977, il me téléphone : “Si vous veniez
à Luxembourg ? - Mais vous ne me connaissez pas! - Si,
je vous ai vue à l’oeuvre à Télé
Monte Carlo”.
Luxembourg.
395 kilomètres de Paris. Ses parcs remplis d’écureuils,
de fleurs et d’oiseaux, de neige aussi, moi l’inconditionnelle
du soleil et… et… et 395 kilomètres de
Paris, tout de même !!!
Mais m’y
voilà ! Je pars pour un an ou deux, et j’y suis
restée 15 ansJacques
Navadic me présente à Jean Stock, alors producteur,
que je vais devoir suppléer.
Difficile ! Nous avons déjeuné
à la bonne franquette, steak au roquefort arrosé
d’eau d’évian, dame-blanche au dessert pour
Jean.Un jour, une journaliste me demandait “Vous qui
avez beaucoup côtoyé Jean Stock, comment le définiriez-vous?
- (silence …) Politique, éminemment politique.”
Mais RTL Télévision, c’est un peu comme
le service militaire, on ne se souvient que des bons souvenirs,
des paris fous, des trains, des éléphants, des
traineaux en Finlande avec Renaud chantant “Adieu Minette”
sur la Mer Baltique prise par les glaces, la période
militaire de Rika Zarai en Israël, Mylène Farmer
en Tunisie, j’en oublie ... ”souvenirs, souvenirs”. Donc, rencontre avec Marylène
dans le train. Ah! le train. L’idée insensée
de faire venir des vedettes, parfois frileuses et finalement
ravies de découvrir en pleine nuit des quais de gare
noirs de monde et blancs de neige, avec les enfants perchés
sur les épaules de leurs parents pour voir Balavoine,
Frédéric François, Adamo, Nicolas Peyrac… Tant
et tant d’autres qu’il faudrait dix fois trop
de place pour les énumérer tous ;et des folles
aventures comme La Fête de la Mirabelle à Metz
avec des milliers de personnes, Plastic Bertrand qui ne peut
pas venir : il s’est cassé le nez ! je tempête,
Bretonne donc tétue j’insiste, il vient avec
un gros pansement entre les deux yeux.
Nancy, place Stanislas, 5000 personnes venues applaudir Cabrel,
Patricia Kaas... Les hits en extérieur, les podiums
Grand’Place à Bruxelles, et toujours Marylène
comme un poisson dans l’eau...
Le Train, toujours. 2003, TGV Paris-Avignon. “Tiens
Patrick, commment ça va? Born to be alive se porte
toujours bien”, Patrick Hernandez est installé
en Provence, comme Michèle Torr, Dave, Michel Drucker,
qui venait à Luxembourg en “cousin RTL”,
et puis, et puis, et puis... comment ne pas oublier tous ceux
que me remettent en mémoire les bons moments de la
Villa Louvigny, comme la douce Anouchka, la pétillante
Michèle Etzel, partie vers TVI avec Jean-Charles De
Keizer, et aussi les réalisateurs, la technique, les
scripts, etc, etc… “les Nicoles” nos maquilleuses,
qui savaient si bien nous détendre, Linda Thiesse toujours
élégante qui gérait les relations de
presse, et Jean-Claude Thieltgen qui commençait “l’aventure
du câble”... J’ai gardé une place
de choix dans ma mémoire pour Gust Graas, ce grand
monsieur, avec lequel nous avions de longues conversations
sur la peinture, et Jacques Navadic que j’évoquais
au début : normal, il m’a accompagnée
durant toutes ces années RTL. Maintenant, il faut qu’il
écrive un deuxième tome à son “RTL
c’est nous”, il y a tant à raconter !
Mais ceci est une autre histoire..."